Ce mardi 2 avril 2024, la coalition Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) et Natural resources Governance Institute (NRGI) ont organisé un webinaire sur le thème : « Comment lutter contre la corruption dans le secteur extractif De la recherche à l’action grâce à l’outil de diagnostic de corruption de NRGI ». Au cours de ce webinaire, il a été présenté des outils de lutte contre la corruption dans le secteur extractif. L’un de ces outils est celui de NRGI développée en 2021 et appliqué en Guinée. Il permet d’identifier, de comprendre et de lutter contre la corruption.
L’outil de diagnostic de la corruption de NRGI a été présenté par Mohamed Cissé de NRGI Guinée. L’outil vise à aider les acteuras de la lutte contre la corruption à relever le défi complexe et sensible de la corruption dans le secteur extractif.
L’importance de l’outil de diagnostic de la corruption de NRGI
Il permet à ses utilisateurs d’utiliser des preuves et les processus de consultation afin d’identifier les formes de corruption les plus susceptibles de se produire et d’entraîner des répercussions négatives pour les industries extractives d’un pays. Il aide à diagnostiquer les causes à l’origine de ces formes de corruption et d’élaborer un plan d’intervention de lutte contre la corruption fondée sur des preuves et axé sur la prévention des pratiques de corruption futures.

En outre, il privilégie la participation de plusieurs parties prenantes et son approche flexible permet aux utilisateurs d’adapter le contenu et le processus à leurs besoins.
Il faut d’abord noter que 3 acteurs clés prennent part à chaque évaluation : l’organisation qui commande le diagnostic (l’utilisateur), un expert indépendant responsable de la recherche (l’expert indépendant) et un groupe plus vaste de parties prenantes rattachées au gouvernement, à l’industrie et à la société civile, qui sont consultées à différentes étapes du processus.
La 1re étapes consiste à «Choisir un secteur et définir des objectifs». L’utilisateur identifie le secteur ou la matière première qui sera évalué et formule un ensemble d’objectifs généraux qui décrivent les motivations.
Au niveau de la 2e étape, il s’agit «d’examiner les données existantes». L’expert indépendant examine un ensemble de données et d’analyses existantes portant sur la corruption et la gouvernance du secteur extractif du pays. Par exemple les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), l’indice de gouvernance des ressources de NRGI, les anciennes affaires de corruption. A l’aide des questions directrices du cahier de travail de l’étape 2, l’expert indépendant produit un rapport de synthèse servant de base de données probantes afin de réduire le périmètre de l’évaluation menée à l’étape 3.
Les 6 étapes qui composent l’outil de diagnostic de NRGI
A la 3e étape, il est question de «Choisir les domaines d’intervention». En fonction de l’étape 2 et des contributions des parties prenantes formulées au cours de l’atelier 1 (le premier des deux ateliers de consultation des parties prenantes), l’utilisateur remplit un tableau de sélection afin d’identifier les domaines d’intervention les plus pertinents en vue d’une analyse approfondie et de l’élaboration finale d’un plan d’intervention.
Quant à la 4e étape, il consiste à « diagnostiquer la corruption ». L’expert indépendant réalise des recherches et des analyses approfondies sur les domaines d’intervention choisis afin de déterminer les formes communes de corruption, les raisons pour lesquelles elles se produisent et les contributions potentielles des différents acteurs pour y remédier.
Pour la 5e étape, il faut « prioriser les formes de corruption à des fins d’action ». À l’aide du tableau de diagnostic et des contributions des parties prenantes formulées au cours de l’atelier 2, l’utilisateur priorise les formes de corruption identifiées à l’étape 4, en fonction de leur probabilité et de leur répercussion, ainsi que de la faisabilité en matière de réforme.
En fin, à la 6e étape, il s’agit d’« Élaborer un plan d’intervention». Avec le soutien de l’expert indépendant, l’utilisateur fait appel à un groupe élargi de parties prenantes pertinentes pour élaborer un plan d’intervention (activité se déroulant lors de la seconde partie de l’atelier 2). Le plan d’intervention cible les formes de corruption classées par ordre de priorité au cours de l’étape 5. Il définit les objectifs ainsi que les actions stratégiques nécessaires à leur réalisation. Le rapport de diagnostic et le plan d’intervention sont ensuite publiés et font l’objet d’un suivi régulier pour veiller à la progression de la mise en oeuvre des actions convenues.
Comme l’a souligné Elie Kaboré, du comité de pilotage Afrique de PCQVP, l’outil de diagnostic de la corruption de NRGI est un outil qu’il faut adapter aux réalités du pays qui l’utilise. Mise en place en Guinée il a permis, d’identifier différentes formes de corruptions et d’alerter les médias qui ont massivement diffusé les cas de corruption
Georges YOUL
#Mines_Actu_Burkina








