Après plus de vingt ans d’expérience en Afrique et au Canada, Maryse Traoré Sedogo décide de créer Services de Forage AURORA avec des partenaires partageant sa vision. Aujourd’hui, elle est la Directrice générale d’Aurora Drilling, un acteur stratégique de la sous-traitance minière en Afrique de l’Ouest. Elle raconte son parcours, ses responsabilités et les difficultés rencontrées en tant que femme ?
Mines Actu Burkina : Racontez-nous votre parcours qui vous a conduit dans la sous-traitance minière
Maryse Traoré Sedogo : Titulaire d’une maîtrise en administration des HEC Montréal et d’un Diplôme d’Etudes supérieures en Ingénierie financière, j’ai débuté ma carrière dans le secteur bancaire au Canada, où j’ai développé une expertise solide en finance et en gouvernance.
J’ai ensuite évolué vers l’industrie minière, en occupant des fonctions de direction régionale en Afrique de l’Ouest, notamment au sein de West African Resources et de Forage Orbit Garant. Ces expériences m’ont permis d’acquérir une compréhension fine des réalités du terrain, à la fois sur les plans technique, opérationnel, financier et humain.
Forte de près de vingt ans d’expérience entre l’Afrique et le Canada, j’ai fondé Services de Forage AURORA avec des partenaires partageant une vision commune d’excellence et de durabilité. Aujourd’hui, nous nous positionnons comme un acteur stratégique de la sous-traitance minière en Afrique de l’Ouest.
Quelles sont vos principales responsabilités en tant que Directrice générale ?
En tant que Directrice générale, ma responsabilité est avant tout de donner la direction et d’assurer l’exécution stratégique de l’entreprise. Concrètement, cela s’articule autour de quatre axes clés :
Pilotage stratégique et vision : Je définis les orientations de croissance, les priorités d’investissement et les axes de développement (expansion géographique, diversification des services, positionnement marché), en veillant à aligner toutes les actions avec notre vision long terme.
Performance opérationnelle : Je supervise l’ensemble des opérations pour garantir la qualité d’exécution, la productivité des équipements, le respect des délais contractuels et une culture de sécurité irréprochable sur nos sites.
Gestion financière et partenariats : Je veille à la solidité financière de l’entreprise : négociation des contrats, structuration des financements, optimisation des coûts et gestion des relations avec nos clients, partenaires et institutions financières.
Leadership et gouvernance : Je structure les équipes, développe les talents et m’assure que chaque responsable délivre selon ses objectifs. Mon rôle est aussi d’installer une culture de responsabilité, de performance et d’excellence à tous les niveaux de l’organisation.
En résumé, je suis garante de la création de valeur durable de l’entreprise — à la fois pour nos clients, nos équipes et nos partenaires.
Avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme et comment vous les avez surmontées ?
Oui, bien sûr. Être la première femme au Burkina Faso à fonder une société de forage minier de l’envergure de Services de Forage AURORA a renforcé cette exigence : il ne s’agissait pas seulement de réussir, mais d’ouvrir la voie.
Évoluer dans un secteur historiquement masculin comme le forage minier présente des défis réels. Au départ, il a fallu gagner en crédibilité dans des environnements où l’on n’attendait pas forcément une femme à des postes de décision, encore moins sur des opérations techniques.
Il y a eu des moments où il fallait s’imposer, prendre sa place et être entendue dans des cercles très masculins. Ma réponse a toujours été claire : la compétence, la constance et les résultats. J’ai fait le choix de maîtriser mes sujets en profondeur, de rester alignée dans mes décisions et de livrer de la performance. Avec le temps, ce sont les résultats qui parlent et qui imposent le respect.
J’ai également transformé ces défis en levier. Être une femme m’a permis d’apporter un style de leadership différent : structuré, exigeant, avec une attention particulière portée aux équipes et à l’organisation.
Aujourd’hui, ces défis ne sont plus des obstacles, mais des étapes qui ont renforcé mon leadership, ma légitimité et mon impact
Comment évaluez-vous la présence des femmes dans le secteur minier au Burkina Faso ?
La présence des femmes reste encore limitée, surtout dans les métiers techniques. Cependant, je constate une évolution positive : de plus en plus de jeunes femmes s’intéressent aux carrières minières et osent franchir les barrières. Il est essentiel de renforcer la formation, la sensibilisation et les politiques inclusives pour que cette dynamique s’accélère. Le secteur minier a besoin de la diversité et de la créativité des femmes pour se transformer durablement.
Avez-vous un conseil à donner aux femmes et surtout aux jeunes filles ?
Je leur dirais de croire en elles, de se former sans relâche et de ne jamais se laisser limiter par les stéréotypes. Le chemin peut être exigeant, mais chaque pas compte. Aux jeunes filles, je rappelle que les métiers techniques et scientifiques sont aussi pour elles. Avec de la détermination et de la passion, elles peuvent non seulement réussir, mais aussi inspirer et transformer nos sociétés.
Propos recueillis par Elie KABORE
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