Dans cette interview accordée à Mines Actu Burkina, Priscille ZONGO, Directrice exécutive de la Chambre des mines du Burkina (CMB) fait le bilan de la participation de la CMB aux événements miniers africains et mondiaux dont Indaba Mining. Elle donne des précisions sur la stratégie de préparation et les retombées pour le Burkina Faso et présente les défis 2026 de la CMB.
Mines Actu Burkina : La Chambre des mines du Burkina a participé en début février à Indaba mining 2026 : Comment a été la préparation ?
Priscille ZONGO : Depuis 2023, la Chambre des mines du Burkina, en collaboration avec le Ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières ainsi que le BUMIGEB, a initié le concept du Pavillon du Burkina Faso à Mining Indaba. Il faut noter que Mining Indaba est l’un des plus grands salons africains dédié au secteur minier.
Le concept consiste à regrouper, au sein d’un espace unique, les principaux acteurs du secteur minier burkinabè. Cette approche mutualisée permet non seulement d’optimiser les coûts liés à la location et à l’aménagement de l’espace, mais aussi de donner une visibilité collective plus forte au pays.
Cette initiative s’inscrit également dans un contexte particulier, marqué par des défis sécuritaires qui ont parfois affecté la perception du Burkina Faso à l’international. À travers le Pavillon, nous avons souhaité porter un message clair : le Burkina Faso reste une terre d’opportunités et son secteur minier fait preuve de résilience.
Par ailleurs, le Pavillon constitue une véritable plateforme de mise en relation. Il offre aux fournisseurs locaux, aux sous-traitants ainsi qu’aux sociétés minières l’opportunité de nouer des partenariats avec des fabricants et des détenteurs de solutions dédiées à l’exploitation minière.
Cela est d’autant plus stratégique dans un contexte de mise en œuvre de la réglementation sur le contenu local, qui encourage les sociétés minières à s’approvisionner davantage auprès des entreprises nationales.
Cette année, en plus de l’exposition, nous avons également pu participer aux échanges sur les enjeux de l’industrie minière mondiale, en partageant l’expérience du Burkina Faso sur plusieurs aspects.
Quel bilan pouvez-vous tirer de cette participation ?
S’agissant de l’édition 2026, nous pouvons globalement dresser un bilan positif. L’organisation du Pavillon a été un défi de taille, notamment en raison de la mobilisation de plus soixante-dix participants du Burkina Faso. Dans un pays loin de nos contrées, même si c’est dans le continent Africain, et dans environnement anglophone. Néanmoins, la participation s’est déroulée dans de bonnes conditions, et c’est toujours une source de fierté de voir le Burkina Faso bien représenté lors de grands rendez-vous miniers internationaux.
Les retours des participants sont encourageants : de nombreuses rencontres de qualité ont été établies, et nous espérons qu’elles se traduiront, à terme, par des opportunités d’affaires concrètes.
En termes de difficultés, le principal défi reste l’anticipation et la maîtrise du planning. Certaines entreprises s’engagent puis, à la dernière minute, se désistent, ce qui engendre des frais que nous ne pouvons malheureusement plus récupérer. Par ailleurs, on constate que certaines entreprises tardent à s’engager, intervenant souvent à la dernière minute. Or, Mining Indaba étant un salon professionnel d’envergure internationale, plus les délais se réduisent, plus les coûts augmentent et les contraintes organisationnelles se renforcent.
Quelles sont les autres événements africains et mondiaux auxquelles le CMB participent cette année ?
La Chambre des Mines du Burkina Faso participe à plusieurs événements majeurs, tant sur le continent africain qu’à l’international, afin de promouvoir le secteur minier burkinabè et de renforcer sa visibilité auprès des investisseurs et partenaires.
Parmi les rendez-vous internationaux de référence, nous prenons part notamment au PDAC (Prospectors & Developers Association of Canada Convention), qui constitue l’un des plus grands rassemblements mondiaux du secteur minier, ainsi qu’au CIM CONNECT (Canadian Institute of Mining Conference), qui réunit chaque année experts, industriels et décideurs autour des enjeux majeurs de l’industrie minière.
Sur le continent africain, notre présence est également marquée à des événements stratégiques tels que le WAMPEX (West African Mining and Power Exhibition) et le WAMPOC (West African Mining & Power Conference), qui sont des plateformes essentielles pour le développement du secteur minier en Afrique de l’Ouest. Nous participons également au SIEM (Salon pour les Industries Extractives du Mali) ainsi qu’au SIREXE (Salon International des Ressources Extractives et Énergétiques) en Côte d’Ivoire.
Au niveau national, nous sommes également présents sur des événements importants tels que la SAMAO (Semaine des Activités Minières d’Afrique de l’Ouest), généralement organisée au mois de septembre, ainsi que le Forum Mines de la Chambre des Mines du Burkina (CMB), dont la 3ᵉ édition se tiendra au mois de juin 2026.
Ces différentes participations s’inscrivent dans une dynamique de promotion du contenu local, de valorisation des entreprises nationales et de création d’opportunités de partenariats avec les acteurs internationaux du secteur.
Elles contribuent également à positionner le Burkina Faso comme une destination minière attractive, dotée d’un fort potentiel et résolument engagée dans le développement d’un secteur minier compétitif, responsable et tourné vers l’avenir.
Quelles sont les principaux défis à relever par la CMB en 2026 ?
En 2026, la Chambre des Mines du Burkina devra relever plusieurs défis majeurs, en lien avec l’évolution du secteur minier ainsi que le contexte national et international.
Le premier défi concerne la consolidation du dialogue entre les acteurs du secteur. Il s’agit de renforcer la concertation entre les administrations publiques, les sociétés minières, les sous-traitants et les fournisseurs, afin de favoriser un climat des affaires minier stable et attractif.
Un autre enjeu important est la poursuite de la mise en œuvre du contenu local. L’objectif est de permettre aux entreprises burkinabè de mieux tirer profit des opportunités offertes par le secteur minier, tout en renforçant leurs capacités techniques, organisationnelles et financières.
Le développement des compétences locales constitue également un défi clé. Il est essentiel de renforcer la formation professionnelle et technique, afin de répondre aux besoins du secteur et d’améliorer l’employabilité des jeunes, notamment dans les métiers spécialisés liés à l’exploitation minière.
Par ailleurs, nous devons assurer une veille stratégique permanente, notamment sur les effets des tensions géopolitiques, comme celles au Moyen-Orient, qui influencent le cours de l’or, ainsi que sur l’évolution des coûts des hydrocarbures et des intrants utilisés dans le traitement de l’or. Cette vigilance est essentielle pour anticiper les impacts sur le secteur.
Enfin, la Chambre des mines du Burkina devra poursuivre et renforcer ses efforts de promotion du secteur minier burkinabè, tant au niveau national qu’international, à travers sa participation aux grands événements et la valorisation du potentiel minier du pays, afin d’attirer davantage d’investissements et de partenariats stratégiques.
Un dernier mot ?
Pour conclure, je voudrais avant tout saluer l’engagement de l’ensemble des acteurs du secteur minier burkinabè, qui, malgré un contexte exigeant, continuent de faire preuve de résilience et de détermination. Leur engagement constitue un levier essentiel pour la vitalité et la transformation du secteur.
Je souhaite également adresser un message d’encouragement aux jeunes et aux femmes : le secteur minier est un secteur d’opportunités, accessible à celles et ceux qui s’y préparent, qui se forment et qui osent s’y engager. Des parcours de réussite existent et doivent inspirer davantage de vocations.
Enfin, j’exprime ma gratitude à Mine Actu Burkina pour nous avoir donné la parole et pour son rôle combien important dans la diffusion et la vulgarisation de l’actualité et de l’information minière. Son travail contribue à mieux faire connaître les enjeux du secteur et à renforcer le dialogue entre les différents acteurs.
J’invite par ailleurs nos partenaires et investisseurs à continuer de faire confiance au Burkina Faso. Notre pays dispose d’un fort potentiel minier et demeure une destination d’opportunités, portée par des acteurs engagés dans une dynamique de professionnalisation, d’innovation et de responsabilité.
Propos recueillis par Elie KABORE
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