Home Economie Windinso Agathe Nacro/Compaoré : De stagiaire à IAMGOLD Essakane à Directrice générale de...

Windinso Agathe Nacro/Compaoré : De stagiaire à IAMGOLD Essakane à Directrice générale de 3M Solutions, une structure qui proposer des solutions techniques adaptées aux exigences du secteur

0
Windinso Agathe Nacro/Compaoré, Directrice générale de 3M Solutions

Windinso Agathe Nacro/Compaoré est la Directrice générale de 3M Solutions. Elle raconte son parcours dans la sous-traitance minière, évoque comment elle surmonte les difficultés rencontrées en en tant que femme et donnes des conseils aux jeunes filles.

Mines Actu Burkina : Racontez-nous votre parcours qui vous a conduit dans la sous-traitance minière

Windinso Agathe Nacro/Compaoré : Mon parcours débute par une formation en soudure au CBNF d’Essakane Village, financée par la société minière IAMGOLD Essakane. À l’issue de cette formation, j’ai intégré le département Maintenance Usine en tant que stagiaire, avant de rejoindre, en octobre 2012, l’équipe de fabrication en structures métalliques.

Au fil des années, j’ai développé des compétences techniques solides en soudure (arc, TIG, MIG), tout en renforçant ma rigueur professionnelle et ma capacité à gérer efficacement le temps et les contraintes opérationnelles.

Mon évolution m’a ensuite conduite vers des fonctions plus stratégiques, notamment en tant que dessinatrice projeteur et doc control. Ce poste m’a permis d’acquérir une expertise approfondie en dessin industriel, ainsi qu’en gestion et mise à jour des P&ID de l’ensemble de l’usine. Par la suite, j’ai occupé le poste de planificatrice piping and welding, où j’étais chargée de la coordination des travaux, du suivi des commandes et de l’optimisation des coûts.

Animée par un constant besoin de défis, j’ai rejoint en 2017 la mine de SEMAFO Boungou en qualité de planificatrice mécanique. Évoluer dans un environnement majoritairement masculin a constitué une véritable école de résilience et de dépassement de soi.

Forte de près d’une décennie d’expérience, j’ai décidé de créer ma propre structure afin de proposer des solutions techniques sur mesure adaptées aux exigences du secteur.

Quelles sont vos principales responsabilités en tant que Directrice générale ?

En tant que Directrice générale, je m’attache à promouvoir un mode de collaboration fondé sur la transparence, la co-construction et la recherche de performance durable. Mon ambition est de faire de chaque partenariat une opportunité de croissance mutuelle, dans le respect des principes d’éthique et de responsabilité.

Mes responsabilités s’articulent autour de plusieurs axes stratégiques. Il s’agit notamment de définir la vision à long terme de l’entreprise, d’identifier de nouvelles opportunités de marché et de proposer des solutions sur mesure permettant à nos clients de gagner en performance et en sérénité.

Je veille également à la conformité de nos activités avec les exigences réglementaires nationales, notamment en matière de contenu local. Par ailleurs, j’assure l’interface entre les attentes de production de nos clients miniers et l’excellence opérationnelle de nos équipes.

Au quotidien, mes missions impliquent la négociation de contrats complexes, la gestion de la trésorerie afin de soutenir la croissance de l’entreprise, ainsi que l’accompagnement et le mentorat des collaborateurs pour maintenir un haut niveau de compétence.

Je supervise également les opérations techniques, en veillant à la qualité des interventions de maintenance préventive et corrective, dans l’objectif de réduire les arrêts de production chez nos clients. Enfin, j’accorde une attention particulière à la mobilisation et à la formation continue des équipes, ainsi qu’au respect des normes de sécurité sur les chantiers.

Je m’engage également activement en faveur de l’entrepreneuriat féminin et de l’insertion professionnelle des jeunes dans les métiers techniques.

Avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme et comment vous les avez surmontées ?

Comme de nombreuses femmes évoluant dans le secteur minier, j’ai été confrontée à plusieurs défis. Les stéréotypes liés aux métiers dits masculins, la faible représentation féminine dans les fonctions techniques et de direction, ainsi que l’accès limité aux réseaux professionnels constituent autant d’obstacles à surmonter.

À cela s’ajoutent parfois des environnements de travail exigeants, voire hostiles, marqués par des comportements inappropriés ou des formes de discrimination. Les contraintes familiales peuvent également représenter un frein, notamment dans un secteur caractérisé par des conditions de travail rigoureuses et des éloignements fréquents.

Face à ces réalités, j’ai fait le choix de rompre avec les attentes traditionnelles et de m’imposer par la compétence. Évoluer dans un tel environnement exige une maîtrise technique irréprochable et une grande résilience.

Pour obtenir la reconnaissance de mes pairs, j’ai dû redoubler d’efforts et démontrer en permanence la qualité de mon travail. J’ai fait le choix de laisser mes résultats parler pour moi, en apportant des solutions concrètes et en maintenant des standards élevés de performance.

Cette exigence m’a permis de transformer les doutes initiaux en confiance durable et de m’imposer par mon professionnalisme.

Comment évaluez-vous la présence des femmes dans le secteur minier au Burkina Faso ?

La présence des femmes dans le secteur minier au Burkina Faso demeure encore insuffisante, notamment dans les fonctions techniques et les postes de responsabilité.

Il est aujourd’hui essentiel que les acteurs du secteur et les décideurs renforcent leurs efforts pour promouvoir une plus grande inclusion des femmes. Cela passe par la mise en place de politiques de recrutement ciblées, de programmes de formation adaptés, ainsi que de dispositifs de mentorat favorisant l’accompagnement des parcours professionnels.

L’intégration des femmes à des postes stratégiques constitue un levier de performance, de diversité et de stabilité pour les organisations. Une femme économiquement autonome contribue également à la cohésion sociale et à la stabilité de son environnement familial et communautaire.

Il est également nécessaire d’améliorer les conditions de travail, notamment par l’adaptation des infrastructures, la flexibilité des horaires, l’harmonisation des congés de maternité et la mise en place de services de garde d’enfants. Enfin, la lutte contre le harcèlement et les discriminations doit être renforcée à travers des mécanismes de signalement efficaces et des actions de sensibilisation visant à faire évoluer les mentalités.

Avez-vous un conseil à donner aux femmes et surtout aux jeunes filles ?

Je dirais avant tout que la compétence demeure le meilleur rempart face aux préjugés. Il est essentiel de se fixer des objectifs clairs et de s’investir pleinement pour les atteindre.

Évoluer dans un secteur technique, et particulièrement dans l’industrie minière, requiert un mental solide, de la persévérance et une grande capacité d’adaptation. Il est donc important de cultiver la résilience et de ne pas se laisser décourager par les obstacles.

Par ailleurs, il ne faut pas limiter ses ambitions au seul cadre du salariat. L’entrepreneuriat représente une voie d’expression et de réalisation importante. J’encourage les jeunes femmes à oser entreprendre, à développer leur réseau professionnel et à s’entourer de personnes ressources.

Car, dans des secteurs aussi exigeants, la réussite repose aussi sur la capacité à créer des synergies et à évoluer dans un écosystème dynamique.

Interview réalisée par Elie KABORE

#Mines_Actu_Burkina

NO COMMENTS

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here