Sous le prisme des défis climatiques et environnementaux, les acteurs des médias, la société civile et les structures étatiques ont échangé autour d’une table ronde dans le but de renforcer le journalisme d’investigation le 6 juillet 2023 à Ouagadougou. Initiée par la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO), cette table ronde a pour thème « Défis climatiques et environnementaux : quelles collaborations entre médias société civile et structures étatiques ?».

L’objectif principal des échanges était de permettre aux journalistes d’échanger directement avec la société civile et les décideurs publics sur la contribution du journalisme d’enquête à l’atténuation des effets des changements climatiques et à la résilience climatique.
Cette table ronde s’est voulu une « occasion pour permettre aux journalistes d’investigation burkinabè d’expliquer le contexte dans lequel ils réalisent leurs enquêtes et leur permettre aussi d’interpeller les acteurs de la société civile et les représentants de l’État sur des questions liées à l’environnement et aux changements climatiques », explique Jérôme Bationo, journaliste et modérateur des discussions. Selon ce dernier, c’est une opportunité offerte aux acteurs de la société civile et aux représentants de l’État d’expliquer les réalités du terrain aux journalistes et de proposer des recommandations pour améliorer la collaboration entre les journalistes, la société civile et les institutions publiques.
Dans un premier temps, les journalistes ont expliqué les difficultés qu’ils rencontrent lorsqu’ils ont affaire aux acteurs de la société civile et aux structures de l’État. Ces difficultés sont entres autres la lourdeur administrative de ces entités, leur méfiance vis-à-vis des journalistes et l’absence de réponse lorsque des correspondances leur sont adressées. « Lorsque nous envoyons nos courriers auprès des structures étatiques, ils nous répondent rarement, même après plusieurs relances », déclare Gaston Sawadogo journaliste d’investigation.
Les acteurs de la société civile et les structures de l’État ont dans un second temps énuméré les problèmes auxquels ils font face quand il s’agit de collaborer avec les médias. Il s’agit du non-respect de la hiérarchie lorsque les journalistes sont à la recherche d’information, le coût élevé des reportages et la non maîtrise de la profession des journalistes par leur structure.
Néanmoins, tous ont exprimé leur satisfaction à l’égard de l’opportunité qui leur ait offerte d’échanger sur la nécessité de renforcer leur collaboration.
A la fin des échanges, des recommandations ont été formulées par les différents acteurs.

À l’endroit des journalistes c’est de promotion davantage l’environnement dans leur article, de diffuser aussi les informations sur les bonnes actions et ne pas se contenter seulement de dénoncer les mauvaises actions, d’initier des ateliers pour mieux faire connaitre leur profession et de mettre en place de sessions de brise-glace entre journalistes, société civile et structures étatiques.
Quant aux acteurs de la société civile et les institutions de l’État, il leur ait demandé d’éviter les lourdeurs administratives, d’actualiser leurs sites webs, et d’être réactif lorsqu’on leur envoie des correspondances.
En rappel, la CENOZO est une association régionale, laïque et apolitique à caractère public et à but non lucratif. Elle a été créée le 9 juillet 2015 à Ouagadougou avec l’appui de l’Office des Nations-Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC). Elle regroupe 90 journalistes d’investigation repartis dans les 16 pays de l’Afrique de l’Ouest. Sa mission est de promouvoir le journalisme d’investigation en matière de corruption, de mal gouvernance, de crime organisé, de crimes environnementaux, de violation des droits humains et de genre en Afrique de l’Ouest.
Y G







