Home Edito Produits extractifs : Nécessité pour les pays producteurs de transformer sur place

Produits extractifs : Nécessité pour les pays producteurs de transformer sur place

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Le continent africain est riche en ressources extractives. Selon l’ONG Natural Resource Governance Institute : « Les pays africains possèdent 30 % des réserves mondiales en pétrole, en gaz et en minéraux ». Malgré ces richesses, les pays riches en ressources extractives figurent parmi les plus pauvres au monde. Le classement des pays les plus pauvres sur l’Indice de développement durable 2022 indique que les 3 pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) figurent en bas du classement. Mais le Burkina Faso est le mieux classé au 46e rang sur 53 en Afrique et 184e sur 191 pays au plan mondial. Le Mali est au 48e rang africain et 186e au rang mondial. Le Niger, 51e rang africain et 189e au plan mondial se classe devant le Tchad et le Soudan du Sud dans le classement africain et mondial. Pourtant, les pays de l’AES présentent un important potentiel minier et sont cités comme des pays miniers. Le Mali et le Burkina Faso sont classés respectivement 3e et 4e producteur d’or en Afrique et le Niger est un important pays producteur d’uranium et de pétrole. Qu’est-ce qui explique ce niveau de pauvreté ?

Sous prétexte d’attirer des investisseurs, les pays africains ont adopté des textes qui accordent des avantages fiscaux et douaniers en phase d’exploitation, sans aucune possibilité de révision, au nom de la clause de stabilisation. Si certains pays ont limité la durée de ces avantages, tel n’est pas le cas chez d’autres, à telle enseigne que pendant des décennies, il était impossible de changer les régimes fiscaux de certaines entreprises qui contribuent de manière insignifiante au développement des pays d’implantation. Outre ces avantages fiscaux, les entreprises qui exploitent ces ressources, des multinationales essentiellement, excellent dans la fuite des capitaux qui sont sources d’appauvrissement pour les pays. A cela s’ajoute la non-transformation des ressources extraites dans le sous-sol africain.

Le pétrole brut du Niger est embarqué au port de Cotonou pour raffinage en Occident. L’or du Mali et du Burkina Faso est raffiné en Suisse, à Dubaï, en Inde, etc. Cette situation ne favorise pas la connaissance des teneurs exportées pour une juste taxation. Elle ne crée pas non plus de valeur ajoutée en termes d’infrastructures, d’emplois créés et de taxes à verser au Budget national. Elle ne favorise pas enfin le transfert de compétences vers les nationaux. L’espoir vient des Codes miniers que le Mali et le Burkina Faso viennent d’adopter, où il est prévu que 50% de la production nationale soit raffinée sur le territoire national. Une mesure qui va favoriser les 2 raffineries déjà installées au Mali et la raffinerie en construction au Burkina Faso. Le Niger projetant de construire une raffinerie de pétrole et un complexe pétrochimique dans quelques années.

 Déjà, en application du Code minier de 2023, le Mali a exigé que la société d’exploitation du lithium de Galamina augmente les parts de l’Etat de 20 à 30% et réalise une première transformation du minerai dans le pays, avant son exportation. La nécessité pour les pays producteurs de transformer sur place les produits extractifs passe par un cadre légal favorable et la mise en place d’infrastructures adaptées et la prise de mesures d’accompagnement en faveur d’un investissement du secteur privé national.

Elie KABORE

Directeur de publication

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