Le rapport 2024 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries extractives du Burkina Faso (ITIE-BF) contient plusieurs types de données du secteur minier. On y retrouve des données sur la production, les exportations, la contribution du secteur aux recettes budgétaires et dans les emplois. Le rapport contient également des informations sur la fourniture locale de biens et services dans le secteur minier.
Le rapport 2024 de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries extractives du Burkina Faso (ITIE-BF) renseigne qu’en 2024, la production déclarée d’or est de 60,77 tonnes, tandis que les exportations déclarées s’élèvent à 64,15 tonnes. La valeur de l’or exportée est de 2 787,38 milliards FCFA.
Des chiffres en nette hausse par rapport à 2023 où la production a été arrêtée à 57,35 tonnes d’or et un volume exporté de 57,35 tonnes dont la vente a rapporté 2 133,18 milliards FCFA.
Les 60,77 tonnes d’or de 2024 proviennent en grande partie des exploitations industrielles avec 53,38 tonnes et de la production artisanale avec 7,13 tonnes.
La mine d’Essakane a produit le plus en 2024 avec 14,13 tonnes d’or d’une valeur de 632,20 milliards FCFA. La part d’Essakane dans la production totale de l’année s’élève à 26,5 %.
Elle est suivie par Houndé Gold, avec 8,94 tonnes qui représentent 16,8 % de la production totale, d’une valeur de 430,85 milliards FCFA. SOMISA est le 3eme meilleure producteur, 6,36 tonnes (11,9 % du total) d’une valeur de 278,39 milliards FCFA.
Fortement progression de la production artisanale
La production artisanale a fortement progressé, passant de 0,49 tonne en 2023 à 7,66 tonnes en 2024, soit une multiplication par 15. Cette hausse s’explique par la formalisation accrue de l’orpaillage à travers la Société nationales des Substances précieuses (SONASP) et la mise en œuvre des mesures de régulation.
Outre l’or, le Burkina Faso produit de l’argent et des substances de carrières. La quantité d’argent est de 9,29 tonnes en 2024 dont 5,78 tonnes exportées d’une valeur de 3,04 milliards FCFA.
Les substances de carrières produites en 2024 sont le granite, le calcaire dolomitique, le tuf, le basalte, le sable et le gabbro. Les plus importantes productions enregistrées sont le granite avec 750 189,23 m³ et le calcaire dolomitique avec 193 765,71 m³. En termes d’exportation, il a été enregistré 5 200 tonnes de granite et 39 739,73 tonnes de calcaire dolomitique. Quant au tuf, au basalte, au sable et au gabbro, ils sont principalement destinés au marché intérieur.
Contribution dans l’économie nationale
Les chiffres des exportations révèlent une forte dépendance de l’économie nationale au secteur extractif, dont la contribution aux exportations a atteint 69,56 % en 2024 contre 60,02% en 2023. La participation du secteur au Produit intérieur brut (PIB) en 2024 est de 15,08%, en hausse par rapport à 2023 (13,66%).
La part du secteur extractif dans les recettes budgétaires a connu une baisse en 2024. Elle passe de 16,68% en 2023 à 15,33% en 2024.
Exportations : Vers la Suisse et les Émirats Arabes Unis principalement
Les exportations d’or burkinabè demeurent fortement concentrées vers deux destinations. Il s’agit de la Suisse, principal acheteur historique de l’or burkinabè, avec 63,2 % des volumes pour une valeur de 1 862,78 milliards FCFA et des Émirats Arabes Unis, deuxième destination avec 34,9 % des volumes pour une valeur de 872,83 milliards FCFA. L’Inde et le Rwanda restent des destinations de l’or burkinabè mais avec moins de volume.
Contribution du secteur extractif dans les emplois
La contribution du secteur extractif à l’emploi est passée de 0,91% en 2023 à 0,77% en 2024 soit une baisse de 0,14%.
La contribution directe à l’emploi désigne les postes créés par les entreprises extractives, notamment dans des activités clés comme l’extraction et la commercialisation de l’or. Selon l’annuaire statistique de 2024 du ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières, le secteur extractif a généré 19 994 emplois directs en 2024, contre 20 6395 en 2023, marquant une diminution de 3,12 %.
Essakane reste le plus grand employeur avec un effectif de 2 830 personnes en 2024, suivie de Wahgnion (2 468 personnes) et de Houndé Gold 2 0258 personnes.
La majorité des emplois directs (91,26% ; soit 18 247 emplois) est concentrée dans les industries minières, tandis que les entreprises de carrières représentent 5,31% (1 061 emplois) et les entreprises en exploration représentent 3,41% (682 emplois). Les données du ministère prennent en considération les emplois directs ainsi que les emplois créés pour les sous-traitants.
Sur les 10 158 emplois déclarés par les entreprises, 9 122 sont occupés par des hommes et 1 036 par des femmes, soit 11,35% de l’effectif. Dans le secteur industriel, 9821 des emplois sont occupés par des burkinabè et 337 par des personnes de nationalité étrangères.
Fourniture locale de biens et services
Dans le cadre des déclarations ITIE 2024, les entreprises du périmètre ont été invitées à soumettre une déclaration unilatérale sur la fourniture locale des biens et services. Sur les 15 sociétés concernées, seules 4 ont renseigné le formulaire, fournissant ainsi des données exploitables.
Le montant total déclaré par les4 sociétés ayant renseigné le formulaire s’élève à 509,00 milliards de FCFA, avec une part moyenne de 63,66% attribuée aux entreprises nationales. Toutefois, l’absence de déclaration de 10 sociétés limite l’appréciation globale du contenu local dans le secteur minier.
5,753 milliards FCFA de contribution des patentes
Conformément le Code général des Impôts, les personnes physiques ou morales exerçant une activité industrielle, commerciale ou artisanale sont assujetties à la contribution des patentes.
Les recettes issues de la patente sont intégralement reversées aux collectivités territoriales dans lesquelles les mines sont implantées. Ces ressources constituent une part importante du financement local, notamment dans les zones minières.
Selon les données ITIE, de la contribution des patentes effectués par les sociétés minières en 2024 s’élèvent à 5,753 milliards FCFA. La majeure partie des montants déclarés provient de deux sociétés, Iamgold Essakane SA et Bissa Gold SA, qui représentent à elles seules 47,18% des recettes enregistrées au titre de la patente.
Fonds de Réhabilitation et de Fermeture des Mines : 8,9 milliards FCFA en 2024
Le Fonds de Réhabilitation et de Fermeture des Mines a enregistré des versements de 8,984 milliards FCFA en 2024, répartis entre Iamgold Essakane SA, Mana, Houndé Gold, Roxgold, SOMISA, Wahgnion et Burkina Mining Company.
Les paiements au titre de ce fonds représentent quasiment le total des montants environnementaux déclarés, confirmant le rôle central de ce fonds dans la gestion post-exploitation. Selon le dernier rapport d’information du Fonds de Réhabilitation et de Fermeture des Mines publié en 2024, certaines sociétés minières n’ont pas effectué leurs versements complets conformément aux obligations réglementaires. Par ailleurs, le rapport conjoint sur la gestion des fonds environnementaux pour 2024, prévu par la réglementation, n’a pas été publié à la date du présent rapport, limitant la traçabilité et l’évaluation de l’utilisation des ressources.
Elie KABORE





