Manga a abrité, ce mardi 25 mars 2026, un atelier de dissémination du rapport 2024 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Cette rencontre a réuni autorités administratives, acteurs de la société civile et représentants du secteur minier autour d’un objectif commun : rapprocher l’information des citoyens et renforcer la redevabilité dans la gestion des ressources naturelles.
Présidant la cérémonie, le Président de la délégation spéciale de Manga, Bérenger Bihoun, a rappelé que « la transparence est un devoir envers nos populations ». S’appuyant sur les principes de la Norme ITIE, il a insisté sur l’obligation pour les pouvoirs publics de rendre compte de la gestion des revenus issus du secteur extractif. « Nous devons diffuser largement les informations sur l’exploitation des ressources naturelles, dans un langage clair et accessible », a-t-il déclaré, soulignant que cet exercice de redevabilité justifie la tenue de l’atelier.
De son côté, le Secrétaire permanent de l’ITIE-Burkina Faso, Eric Zouré, a mis en exergue le poids stratégique du secteur extractif dans l’économie burkinabè. Selon les données du rapport 2024, ce secteur a généré 612 milliards de FCFA au profit du budget de l’État, à travers les contributions des sociétés minières et de leurs sous-traitants. Ces recettes proviennent essentiellement des impôts, taxes et redevances collectés par les régies financières, notamment la Direction générale des impôts et celle des douanes.

Au-delà des recettes, le secteur extractif continue de s’imposer comme un pilier de l’économie nationale, représentant plus de 15 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2024. « Ces performances confirment son rôle majeur dans la création de richesse et le développement du Burkina Faso », a souligné M. Zouré.
L’atelier de dissémination vise, selon lui, trois objectifs principaux : améliorer la compréhension des données du secteur extractif, promouvoir le dialogue entre l’État, les entreprises et la société civile, et encourager une utilisation plus efficiente des ressources au profit du développement local et national.
Du côté de la société civile, la représentante Lucie Kabré salue des avancées, tout en appelant à des efforts supplémentaires. « Le bilan est globalement positif, car toutes les communes bénéficient des revenus miniers », a-t-elle indiqué. Elle note cependant des disparités dans l’utilisation de ces ressources. « Certaines communes arrivent à mobiliser et utiliser efficacement le Fonds minier de développement local, tandis que d’autres rencontrent des difficultés liées à plusieurs facteurs », a-t-elle expliqué.

Mme Kabré a toutefois relevé les mesures en cours au niveau gouvernemental pour améliorer la gestion de ces fonds, avec pour ambition d’en maximiser l’impact sur le quotidien des populations. « L’objectif est que ces ressources profitent réellement aux citoyens, notamment en contribuant à l’amélioration du panier de la ménagère », a-t-elle conclu.
À travers cette initiative, l’ITIE réaffirme son engagement à promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans le secteur extractif, un levier essentiel pour un développement inclusif et durable au Burkina Faso.
Anne-Marie Ouédraogo
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