
A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Mines Actu Burkina a donné la parole à Mme SORI/Nina YAMEOGO, Administratrice Générale de SOGA SA. Elle raconte son parcours qui a conduit dans la sous-traitance minière, ses principales responsabilités en tant qu’Administratrice Générale, les difficultés en tant que femme. Elle donne des conseils aux jeunes filles.
Mines Actu Burkina : Racontez-nous votre parcours qui vous a conduit dans la sous-traitance minière.
Mme SORI/Nina YAMEOGO : Nous avons initialement débuté dans la restauration hospitalière et universitaire, des environnements exigeants qui nous ont permis de structurer très tôt nos méthodes de travail. Dès le départ, nous nous sommes inscrits dans une dynamique d’amélioration continue, en mettant en place des standards rigoureux au sein de nos cuisines, tant en matière de qualité, d’hygiène que d’organisation.
Lorsque l’opportunité de notre premier contrat dans le secteur minier s’est présentée, il s’est avéré que notre niveau de structuration et nos exigences opérationnelles correspondaient parfaitement aux attentes de ce secteur. Je dirais donc que notre entrée dans la sous-traitance minière est avant tout le fruit d’une préparation rigoureuse qui a rencontré une opportunité. »

Quelles sont vos principales responsabilités en tant qu’Administratrice Générale ?
En tant qu’Administratrice Générale, ma responsabilité est avant tout stratégique et opérationnelle. Je veille à la bonne exécution de nos services, à la satisfaction de nos clients et au respect des standards QHSE.
Je suis également en charge du développement de l’entreprise : identifier de nouvelles opportunités, renforcer notre positionnement sur le marché et assurer une croissance durable.
Enfin, j’accorde une importance particulière à la gestion des équipes, car notre performance repose avant tout sur engagement et la compétence de nos collaborateurs.
Avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme et comment vous les avez surmontées ?
À vrai dire, je ne me suis jamais perçue comme étant en difficulté du seul fait d’être une femme. Mon principal défi, hier comme aujourd’hui, a plutôt été de démontrer que mon entreprise est pleinement capable de répondre aux exigences élevées du secteur dans lequel nous évoluons.
Comme beaucoup, j’ai constaté qu’il est parfois nécessaire de prouver davantage sa légitimité. Mais j’ai choisi de ne pas en faire un frein. Au contraire, cela a été un moteur.
J’ai surmonté ces défis grâce à la persévérance, au professionnalisme et à une parfaite maîtrise de mon domaine. Avec le temps, les résultats parlent d’eux-mêmes et permettent d’asseoir durablement sa crédibilité.
Je reste également convaincue qu’il est essentiel de demeurer fidèle à ses valeurs, tout en transformant chaque obstacle en opportunité d’apprentissage et de progression.

Qu’est-ce qui fait la particularité de SOGA dans l’environnement minier au Burkina Faso ?
SOGA se distingue par son approche intégrée des services, alliant catering, housekeeping et facility management, avec un haut niveau exigence en matière de qualité, d’hygiène et de sécurité.
Notre force réside également dans notre capacité d’adaptation aux réalités des sites miniers, souvent situés dans des zones isolées, ainsi que dans notre engagement en faveur du contenu local et de la responsabilité sociétale.
Nous ne sommes pas seulement un prestataire, mais un véritable partenaire de performance pour nos clients.
Comment évaluez-vous la présence des femmes dans le secteur minier au Burkina Faso ?
La présence des femmes dans le secteur minier est en progression, ce qui est très encourageant. Cependant, il reste encore des efforts à faire pour atteindre une représentation plus équilibrée, notamment dans les postes de responsabilité.
De plus en plus de femmes démontrent leurs compétences dans des métiers techniques et stratégiques, ce qui contribue à changer les mentalités.
Je suis convaincue que la diversité est un levier de performance pour le secteur.

Avez-vous un conseil à donner aux femmes et surtout aux jeunes filles ?
Je dirai aux femmes, et surtout aux jeunes filles, de croire profondément en elles. La confiance en soi est le socle de tout : oser se lancer, affirmer ses idées, prendre des décisions et persévérer, même dans les moments d’incertitude ou d’échec.
Mais il est tout aussi important de comprendre que la confiance ne se décrète pas, elle se construit. Elle se bâtit d’abord en respectant ses engagements, même les plus simples. Faire ce que l’on dit, tenir sa parole, être constante dans ses actions : c’est ainsi que l’on gagne en crédibilité et que les autres apprennent à vous faire confiance.
Par ailleurs, la confiance autour de soi se nourrit aussi d’une écoute active. Savoir écouter réellement ses partenaires, ses collaborateurs, comprendre leurs réalités, leurs attentes et leurs contributions, permet de créer des relations solides et durables.
On ne réussit pas seul. Il faut savoir s’entourer, faire confiance et inspirer confiance. Et cela passe par une combinaison essentielle : croire en soi, être fiable dans ses engagements, et être pleinement à l’écoute des autres. C’est cet équilibre qui permet de construire, de grandir et de réussir sur le long terme.
Propos recueillis par Elie KABORE






